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Grande Mobilisation de l'école pour les valeurs de la république

publié le 20 févr. 2015 à 10:12 par Courrier ClubUnesco   [ mis à jour : 20 févr. 2015 à 13:46 ]

                                   
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« Éduquer aux valeurs de la République »

Réflexions et suggestions de la

Fédération française pour l’UNESCO

Quand notre République attribue une «carte d’identité», il faut entendre toute la force de cette attribution. Ce n’est pas une simple carte qui est donnée – cela serait peu significatif – c’est une identité. Cette identité politique et sociale, acquise au cœur de la République française au terme de parcours d’une très grande diversité humaine et culturelle, nous en connaissons les composantes essentielles: l’indissociable trilogie « Liberté, Égalité, Fraternité », forgée tout au long des combats de nos aînés en République et programme indépassable de toute démocratie véritablement humaine, à laquelle il convient d’ajouter notre idéal laïque, invention française certes mais non exception, notre conviction étant faite, en effet, quant à la dimension universelle qu’il convient d’accorder à la laïcité.

Cette construction identitaire citoyenne ne va pas de soi. Elle est le résultat d’une éducation qui, pour aboutir, doit reposer sur une complémentarité d’acteurs, de lieux et d’institutions. C’est en réalité tout l’espace social qui doit être mobilisé à cette fin, structuré autour des deux grands piliers que sont, d’une part l’École, et d’autre part, l’Éducation populaire, portée dans notre pays par un mouvement associatif d’une exceptionnelle richesse.

D’évidence, les drames que nous venons de vivre nous confrontent à l’échec de cette construction.

L’une des explications possibles de ces échecs tient, peut-être, au fait qu’au terme de plus d’un siècle de consolidation laïque de la société française, nous ayons considéré trop vite comme définitivement acquise cette acculturation laïque et citoyenne dont il convenait de comprendre qu’elle exigeait un travail permanent d’éducation. C’est ce travail éducatif qui, ici plus que là, a failli.  

L’autre dimension de la construction identitaire est de nature culturelle. Par l’acquisition de savoirs et de connaissances, chaque individu est appelé à construire sa spécificité culturelle. Quand ces acquisitions se fragilisent, deviennent insuffisantes, et que les inégalités de savoirs se creusent entre enfants et adolescents au point que les écarts sociaux se creusent davantage encore au lieu de se réduire, c’est la construction culturelle en tant que telle qui s’appauvrit et, au pire, devient impossible.

Si l’exercice est difficile pour des enfants originaires d’une culture hexagonale, il le devient plus encore pour ceux venus d’ailleurs à travers leurs itinéraires familiaux. Il conviendrait ici de conjuguer, par la rencontre, les apports d’une culture familiale originaire et ceux propres à la tradition française ; la construction de l’identité culturelle, alors, se double. Cela peut être de la plus grande richesse pour l’enfant et l’adolescent mais il convient que certaines exigences soient satisfaites dont on voit, à la lumière des drames récents, qu’elles ne le sont plus dans notre société. Le croisement des cultures ne peut se réaliser que si les composantes de ces différentes cultures sont reconnues à égalité de dignité. Malheureusement, les jeunes de nos banlieues en crise ont trop souvent été les témoins du déracinement culturel de leurs parents, dont les pratiques sociétales sont, dans le meilleur des cas, tolérées mais pas vraiment reconnues. Pour ces jeunes, il en résulte un phénomène de déculturation au regard de ces traditions sociétales parentales, dont ils perdent le sens et l’éthique. L’échec scolaire fait le reste. Ainsi par exemple, à l’ignorance relative à l’art africain, au cinéma ou à la poésie propre à ce continent, s’ajoute la non-rencontre avec Hugo, Balzac ou Camus. Le désastre est alors total : pas plus enfant d’Hampaté Ba que fils des Lumières.          

L’échec de la construction identitaire citoyenne, sur fondement des valeurs de la République ajouté à l’échec d’une double construction identitaire culturelle, conduit au vide, à la déshérence. Tout se trouve réuni, alors, pour que de monstrueux manipulateurs, marchands de criminelles illusions, s’emparent de ces consciences égarées....



 






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